Que devient Michel Creton ? La question revient régulièrement chez les amateurs de cinéma français, nostalgiques de Les Bronzés, de polars à l’ancienne et des soirées télé passées devant des séries télévisées comme Navarro ou Central Nuit. Discret, l’acteur ne squatte ni les plateaux de talk-shows ni les réseaux sociaux, et pourtant son empreinte reste très présente dans la culture populaire. Entre ses débuts sur les planches, son parcours à la télévision, ses rôles au cinéma et son engagement en faveur des personnes handicapées, le parcours professionnel de Michel Creton raconte une autre histoire du show-business français : celle d’un acteur français qui préfère l’efficacité à l’esbroufe.
Né le 17 août 1942 à Wassy, en Haute-Marne, passé par un CAP de photograveur avant d’oser tout plaquer pour le Conservatoire, il a croisé sur sa route des monstres sacrés comme Romy Schneider, Michel Piccoli, Jean-Paul Belmondo ou encore des réalisateurs comme Claude Sautet, Henri Verneuil et Claude Lelouch. Pourtant, Michel Creton a surtout marqué les mémoires par sa voix grave, son regard déterminé et une filmographie où les seconds rôles ont souvent été joués comme des premiers. Aujourd’hui, à plus de 80 ans, on ne le voit plus sur les plateaux, mais son nom circule toujours quand on parle de l’amendement Creton, de doublage VF culte ou de ces comédiens fidèles au poste sur plusieurs décennies. Cet article revient sur sa carrière, ses films, ses apparitions marquantes dans les séries télévisées, ses interviews rares et ses actualités plus discrètes, pour répondre à cette question simple : que devient vraiment Michel Creton ?
- 📌 Acteur français discret, mais omniprésent sur plusieurs décennies à la télévision et au cinéma.
- 📌 Passé du CAP de photograveur aux Premiers prix du Conservatoire en art dramatique.
- 📌 Rôles marquants dans des films comme « Max et les ferrailleurs », « Les Bronzés », « Les Morfalous ».
- 📌 Figure forte des séries télévisées policières, notamment « Central Nuit » où il incarne Victor Franklin.
- 📌 Engagement durable pour les personnes handicapées avec l’amendement Creton 🧩.
- 📌 Retrait progressif de la scène médiatique, mais parcours professionnel cité en exemple dans de nombreuses interviews et portraits.
Que devient Michel Creton aujourd’hui ? Actualités discrètes d’un acteur français culte
À plus de 80 ans, Michel Creton n’apparaît plus dans des projets de cinéma ou de télévision, et ce retrait nourrit une part de mystère. Les téléspectateurs qui l’ont connu comme commandant Victor Franklin dans Central Nuit se demandent ce qu’il fait désormais de ses journées. Plutôt que de multiplier les apparitions médiatiques, l’acteur a choisi une forme de sobriété : une retraite calme, loin des tapis rouges, mais entourée de souvenirs d’une carrière dense et parfois sous-estimée.
Le nom de Michel Creton revient encore régulièrement dans les débats autour du handicap, du système médico-social ou de la dignité des personnes vulnérables. L’amendement Creton, voté à la fin des années 1980, continue d’être évoqué dans les articles de presse, les rapports parlementaires ou les associations familiales. Chaque fois que ce texte est mentionné, le public redécouvre que derrière cette avancée se trouve un comédien, oncle d’un jeune polyhandicapé, qui a décidé de transformer sa notoriété en levier politique. Même éloigné des caméras, Michel Creton reste donc présent dans la vie quotidienne de milliers de familles.
Les interviews récentes de l’acteur se font rares, mais lorsqu’elles surgissent, elles ressemblent davantage à des conversations apaisées qu’à des confessions spectaculaires. Le ton est généralement posé, presque pudique, avec beaucoup de respect pour les équipes techniques, les partenaires de jeu, et un refus de verser dans les règlements de comptes. Ce rapport apaisé à sa propre carrière crée une forme de contraste avec une époque saturée de buzz et de petites phrases. Les fans y voient le prolongement naturel de son image : celle d’un professionnel solide, sans hystérie.
Ce retrait ne l’empêche pas d’être régulièrement redécouvert par de nouvelles générations, grâce aux plateformes de streaming, aux rediffusions de séries télévisées et aux chaînes spécialisées dans le patrimoine du cinéma français. Un soir, un certain Thomas, trentenaire, tombe par hasard sur « Max et les ferrailleurs » en VOD. Il reconnaît vaguement le visage de ce comédien qu’il a vu dans « Central Nuit » lorsque ses parents regardaient la télé. Cette petite reconnexion, quasi anonyme, illustre parfaitement la trajectoire de Michel Creton : un acteur qui accompagne plusieurs générations, en arrière-plan, sans imposer sa présence.
Dans les festivals consacrés aux séries policières ou au patrimoine télévisuel, son nom circule encore dans les coulisses. Des réalisateurs expliquent que ses interprétations leur ont donné envie de travailler la nuance dans les seconds rôles. Des comédiens plus jeunes disent avoir étudié ses scènes pour comprendre comment occuper l’espace sans voler la vedette au héros. Même en l’absence de nouvelles actualités « people », l’ombre portée de son travail reste visible dans le métier.
Cette situation soulève une question sobre mais centrale : qu’est-ce qu’une réussite dans ce métier ? L’histoire de Michel Creton montre qu’une vie d’artiste ne se mesure pas seulement au nombre d’affiches en haut du générique ou de couvertures de magazines. Le respect durable de ses pairs, l’impact social concret de son engagement, la durabilité des films et séries télévisées auxquels il a participé ressemblent davantage à un bilan cohérent. De quoi donner une tout autre définition du mot « vedette ».
Un héritage vivant dans la culture populaire
Le visage de Michel Creton apparaît toujours dans des montages vidéo diffusés sur les réseaux, au détour d’un best-of des « Les Bronzés » ou d’un hommage aux grands seconds rôles du cinéma français. Les spectateurs commentent : « Ah, lui, je le connais, mais j’oublie toujours son nom ». Ce côté « déjà vu, jamais oublié » raconte à lui seul la place qu’il occupe dans l’imaginaire collectif. Sa présence, même brève, suffit à donner du relief à un récit, qu’il joue un policier fatigué, un malfrat nerveux ou un animateur de club de vacances au surnom de “Bip Bip”.
Les chaînes de télévision continuent d’exploiter ce capital nostalgique lors de programmations spéciales autour des années 70–90. Une soirée Sautet, un cycle Belmondo, une rétrospective des comédies populaires : à un moment ou à un autre, un rôle joué par Michel Creton refait surface. Cette permanence, presque souterraine, dessine un fil rouge à travers plusieurs décennies de fiction française.
Pour beaucoup de spectateurs, redécouvrir Michel Creton, c’est aussi mesurer à quel point les séries télévisées d’hier ont préparé le terrain pour celles d’aujourd’hui. Des séries policières comme « Central Nuit » ont ouvert la voie à des shows plus sombres et plus réalistes, tout en restant ancrés dans un décor urbain français identifiable. Dans ces univers, l’acteur a souvent incarné une forme d’autorité bienveillante, loin des clichés trop caricaturaux.
Au final, Michel Creton ne se contente pas d’avoir existé dans le paysage audiovisuel : il continue d’y résonner, à chaque rediffusion, chaque podcast nostalgique ou chaque article sur les avancées pour les personnes handicapées. Sa « présence absente » ressemble presque à une signature.
Parcours professionnel de Michel Creton : du CAP de photograveur aux premiers rôles télé
Avant de devenir un acteur français omniprésent sur les écrans, Michel Creton suit une voie très différente. Enfant de Wassy, en Haute-Marne, il commence par décrocher son certificat d’études puis un CAP de photograveur. Le décor semble alors très éloigné des projecteurs. Pourtant, la passion de la comédie le rattrape, suffisamment fort pour le pousser à quitter la sécurité d’un métier technique et tenter sa chance à Paris. Ce saut dans l’inconnu constitue le premier tournant décisif de son parcours professionnel.
Une fois arrivé dans la capitale, il intègre le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où il devient l’élève de Robert Manuel. Le travail est intense, l’exigence permanente, mais Michel Creton s’y distingue. Il en sort avec deux Premiers prix, signe qu’il ne s’agit pas seulement d’un rêveur mais d’un technicien solide de l’interprétation. Cette base classique, très structurée, sera visible plus tard dans la précision de ses gestes, la diction, le sens du rythme qu’il apporte à chacun de ses rôles.
Dès les années 1960, il commence à se frotter à différents terrains de jeu : le théâtre, la télévision, puis le cinéma. Cette polyactivité n’a rien d’un hasard. Pour un jeune acteur de cette époque, multiplier les formats, c’est augmenter ses chances de travailler, mais aussi d’apprendre des registres les plus variés. Il ne se contente pas d’attendre qu’on l’appelle : il multiplie les castings, accepte des seconds rôles, et laisse sa curiosité le guider.
Théâtre et émission « Au théâtre ce soir » : la meilleure école
Une étape déterminante de ce parcours reste sa participation à l’émission culte « Au théâtre ce soir », produite par Pierre Sabbagh. De 1966 à 1980, Michel Creton y apparaît dans plusieurs pièces, jouant des textes d’auteurs variés comme Yves-André Hubert, Roger Ferdinand ou Steve Passeur. Cette exposition régulière à un public large, en direct ou quasi-direct, agit un peu comme les clubs pour un DJ : un laboratoire où l’on teste, ajuste, se remet en cause soir après soir.
Pour un jeune comédien, cette émission représente un accélérateur de maturation. Les pièces enchaînées, les répertoires divers, les changements de ton d’une semaine à l’autre obligent à une grande souplesse. Pas question de se reposer sur un tic de jeu ou un registre unique. Cette gymnastique donnera plus tard à Michel Creton une capacité rare à passer du drame à la comédie, du polar sombre à la fantaisie.
Autre avantage, et non des moindres : « Au théâtre ce soir » installe durablement son visage dans les foyers français. À une époque où il n’existe ni replays ni plateformes, cette récurrence construit une forme de familiarité. Michel Creton devient ce comédien que l’on reconnaît sans forcément savoir citer son nom, mais dont la présence rassure sur la qualité du programme.
Un parcours jalonné d’étapes marquantes
Pour mieux visualiser les grandes lignes de sa trajectoire, ce tableau récapitule quelques jalons structurants de sa vie professionnelle ⬇️
| 📅 Période | 🎭 Étape du parcours professionnel | 🎬 Exemple de projet ou fait marquant |
|---|---|---|
| Années 1950–début 1960 | Formation technique puis artistique | Certificat d’études, CAP de photograveur, entrée au Conservatoire 🎓 |
| 1966–1980 | Explosion sur le petit écran | Participation répétée à « Au théâtre ce soir » 📺 |
| Fin 1960–années 1970 | Premiers rôles marquants au cinéma | « Un homme de trop », « Max et les ferrailleurs » 🎞️ |
| Années 1980 | Consolidation comme second rôle solide | « Les Morfalous », « Tenue de soirée », « Le Solitaire » 💥 |
| Années 1990–2000 | Âge d’or télévisuel | Séries télévisées comme « Navarro », « Commissaire Moulin », « Central Nuit » 👮♂️ |
Chaque étape de ce parcours construit une brique différente : technique au Conservatoire, endurance et précision au théâtre, visibilité à la télévision, densité au cinéma. Ce maillage explique pourquoi, lorsqu’il accède à des rôles plus importants sur le petit écran, il semble déjà parfaitement armé pour tenir la distance.
Cette trajectoire progressive, sans coup de com’ ni lancement spectaculaire, illustre une vérité souvent oubliée : une carrière solide se construit sur la durée, à coups d’expériences variées et de travail régulier.
Filmographie de Michel Creton : des Bronzés à Max et les ferrailleurs
Lorsque les cinéphiles parlent de Michel Creton, deux types de références reviennent souvent : les grands polars d’auteur des années 1970 et les films populaires qui font partie du patrimoine comique français. Cette double identité, entre drame et comédie, illustre bien ses genres de prédilection. Il navigue sans effort apparent entre des univers très éloignés, tout en gardant une cohérence : celle d’un acteur qui cherche à servir l’histoire plus qu’à briller pour la galerie.
Après quelques apparitions dans des films comme « Brigade antigang » ou « La Petite vertu », il se distingue dans « Un homme de trop » de Costa-Gavras, puis dans « Max et les ferrailleurs » de Claude Sautet, où il donne la réplique à Michel Piccoli. L’ambiance y est tendue, les personnages ambigus, et le style Sautet réclame une forme de retenue qui colle parfaitement à son jeu. Sa capacité à incarner de petits malfrats ou des figures en marge, sans les caricaturer, lui offre une place fréquente dans les polars de l’époque.
Changement d’ambiance totale avec « Les Bronzés » de Patrice Leconte. Dans cette comédie devenue culte, il joue un animateur surnommé « bip bip », face à la troupe du Splendid. Le ton est léger, la mise en scène plus débridée, mais Michel Creton garde ce mélange d’autorité et de bienveillance qui fait mouche. Ce passage par la comédie populaire lui permet de toucher un public très large, à une époque où les rediffusions du film deviennent quasiment un rituel télévisuel.
Entre drame, comédie et policier : un équilibre subtil
Quand on regarde sa filmographie dans son ensemble, les chiffres montrent un équilibre intéressant : une part importante de drames, une proportion équivalente de comédies, et une forte présence de films policiers. Ce mélange illustre une curiosité artistique constante et une absence de cloisonnement. Pour un acteur, passer de « Les Morfalous » avec Belmondo à « Tenue de soirée » de Bertrand Blier ou « Il y a des jours… et des lunes » de Claude Lelouch demande une vraie souplesse.
Dans « Les Morfalous », il partage l’affiche avec Jean-Paul Belmondo dans un film d’action en pleine Tunisie, où il faut tenir le rythme entre explosions, scènes de tension et dialogues ciselés. Dans « Tenue de soirée », il évolue dans un univers plus décalé, où les personnages sont emportés dans des relations complexes et déroutantes. Cette capacité à s’adapter aux tonalités variées des films qu’il traverse prouve une chose : Michel Creton n’est pas seulement un « visage connu », mais un véritable caméléon dramatique.
- 🎬 Polars marquants : « Max et les ferrailleurs », « Un meurtre est un meurtre », « Armaguedon ».
- 😂 Comédies populaires : « Les Bronzés », « Monsieur Papa », « Un bon petit diable ».
- 🎭 Drames et comédies dramatiques : « Il y a des jours… et des lunes », « Soleil ».
- 💣 Films d’action / aventure : « Les Morfalous », « Le Solitaire ».
Ce spectre large contribue à rendre sa filmographie très agréable à explorer. Un spectateur qui aime le rire le retrouvera dans une comédie, un amateur de cinéma d’auteur le croisera dans un drame existentiel, un fan de polar le captera derrière une lunette de revolver ou dans un commissariat enfumé. Dans ces différents univers, son style reste cohérent : une présence solide, une diction claire, un refus d’en faire trop.
Un second rôle qui compte comme un premier
En dépit de la qualité de ses prestations, Michel Creton n’a jamais été propulsé au rang de superstar cinématographique à la manière d’un Belmondo. D’aucuns pourraient y voir une injustice, mais son parcours montre une autre lecture. À travers ses nombreux seconds rôles, il occupe une place clé dans les récits. Sans lui, certaines scènes perdraient une partie de leur intensité ou de leur crédibilité. Les réalisateurs le savent, et c’est pour cette raison qu’ils le rappellent.
Son nom apparaît fréquemment dans les génériques aux côtés d’acteurs avec lesquels il a tourné plusieurs fois : le fait de retrouver un partenaire connu améliore souvent la fluidité d’un tournage. Cette fidélité croisée crée des dynamiques de troupe, proches de ce qui se passe au théâtre, et donne une continuité agréable au spectateur attentif. Pour Michel Creton, chaque rôle semble traité comme une occasion d’apporter une pierre utile au film, et non comme un simple passage obligé.
Ce rapport au métier donne un éclairage différent sur la notion de reconnaissance : il montre que l’on peut marquer durablement le cinéma sans forcément collectionner les têtes d’affiche. L’essentiel, c’est de laisser une empreinte dans la mémoire des spectateurs et de ses pairs, ce que ses multiples apparitions ont largement accompli.
La filmographie de Michel Creton ressemble finalement à une playlist bien construite : des titres phares, des pépites cachées, des collaborations prestigieuses, le tout porté par un style reconnaissable dès les premières répliques.
Michel Creton à la télévision : séries télévisées, voix off et rôle culte dans Central Nuit
Si le cinéma a donné à Michel Creton de belles occasions de briller, c’est la télévision qui l’a véritablement installé dans le quotidien des Français. Des années 1970 aux années 2000, il enchaîne téléfilms, unitaires judiciaires et séries télévisées policières. À force de passer de commissariats en tribunaux, il devient un visage familier de la fiction française, un peu comme ce voisin qu’on croise toujours sans vraiment se souvenir quand a eu lieu la première rencontre.
Après son long compagnonnage avec « Au théâtre ce soir », Michel Creton multiplie les apparitions dans des fictions telles que « Maître Da Costa », « Les Bœufs-Carottes » ou encore un passage dans « Julie Lescaut ». Il rejoint Navarro avec Roger Hanin à partir de 1995, puis y revient dans un autre rôle en 1996 et en 2006, preuve que les équipes apprécient sa fiabilité. Ce continuum d’apparitions construit un capital de confiance auprès des téléspectateurs : dès qu’il arrive à l’écran, on sait que la scène va être tenue.
La grande bascule se produit au début des années 2000, quand France 2 lui confie un premier rôle régulier dans la série policière « Central Nuit ». Il y incarne Victor Franklin, commandant de police qui dirige une brigade de nuit. Le personnage est à la fois paternaliste et ferme, humain mais intransigeant sur certaines lignes rouges. Pendant sept saisons, de 2001 à 2009, cette figure devient le cœur battant de la série.
Victor Franklin : un chef de brigade pas comme les autres
Dans « Central Nuit », la nuit parisienne devient un personnage à part entière, avec ses errances, ses drames et ses moments de répit. Au centre de ce théâtre urbain, Victor Franklin, interprété par Michel Creton, arbore une autorité calme, presque fatiguée, mais profondément impliquée. Contrairement à certains flics de fiction plus caricaturaux, Franklin apparaît comme un professionnel adulte, qui connaît les failles du système mais tente de maintenir une forme de justice concrète.
Ce rôle marque une étape symbolique dans la carrière de Michel Creton. Après des années à tenir des personnages de second plan, il se retrouve au cœur d’un dispositif narratif. Les enquêtes commencent et finissent souvent sous son regard. Les conflits internes de la brigade s’articulent autour de sa manière de trancher, d’écouter ou de recadrer. Pour de nombreux téléspectateurs, il devient le visage même de la police de nuit à la télévision.
Les fans de la série se rappellent encore la façon dont il occupait l’espace dans les scènes de bureau : peu de gestes inutiles, une économie de mouvements, mais une intensité palpable. Cette discrétion expressive se marie bien avec le ton général de « Central Nuit », plus réaliste et moins tape-à-l’œil que d’autres productions de la même époque.
La voix française de grandes stars internationales
En parallèle de ses films et de ses séries télévisées, Michel Creton développe aussi une activité précieuse mais parfois méconnue : le doublage. Il prête sa voix, en VF, à plusieurs grandes vedettes américaines comme Robert De Niro, Nick Nolte, David Carradine, Harrison Ford ou Richard Gere. Pour toute une génération qui a découvert ces acteurs en version française, la voix de Michel Creton fait partie intégrante de leur identité.
Le doublage demande un autre type de virtuosité que le jeu à l’image. Il faut capter l’intention d’un acteur, respecter son rythme, tout en adaptant la langue aux contraintes de synchronisation labiale. Michel Creton y apporte sa diction précise, son timbre grave et une capacité à moduler légèrement selon la star qu’il double. Résultat : pour beaucoup de spectateurs, ses performances vocales contribuent à l’émotion ressentie devant des classiques du cinéma américain.
On peut presque voir le doublage comme une extension invisible de sa carrière. Même lorsqu’il n’apparaît pas à l’écran, sa présence se fait entendre, littéralement, dans la bande-son de la pop culture. Cette facette prolonge son influence bien au-delà des frontières françaises et démontre, une fois encore, sa polyvalence.
- 🎙️ Voix marquante : timbre grave, autoritaire mais chaleureuse.
- 📺 Policier télé : figure récurrente de chefs, juges, inspecteurs.
- 🌃 Central Nuit : sept saisons comme personnage central, Victor Franklin.
- 🎧 VF emblématique : participation au doublage de grandes stars hollywoodiennes.
À travers ces différentes activités, Michel Creton construit une image singulière : celle d’un acteur à large spectre, à la fois présent sur les plateaux, dans les cabines de doublage et, via les rediffusions, dans les salons des téléspectateurs. Un véritable fil audio-visuel reliant plusieurs décennies de fiction.
Pour qui veut explorer l’histoire des séries télévisées françaises, difficile de faire l’impasse sur ce visage de commandant nocturne et sur cette voix qui a traversé tant de genres.
Un acteur engagé : amendement Creton, sport et influence sociale de Michel Creton
Derrière le comédien se cache un citoyen très impliqué. Le nom de Michel Creton ne se limite pas aux génériques de films ou de séries télévisées. On le retrouve aussi dans les textes de loi. On parle en effet de l’amendement Creton, adopté à la fin des années 1980, qui permet aux jeunes adultes handicapés de rester dans leur établissement pour enfants lorsque aucune place adaptée pour adultes n’est disponible. Cette mesure, loin d’être anecdotique, a changé la vie de nombreuses familles.
À l’origine de cet engagement, une histoire intime : Michel Creton est l’oncle d’un enfant polyhandicapé. Confronté aux limites du système, il prend la décision de mettre sa notoriété au service d’un combat qui le dépasse. Réunions avec les associations, rendez-vous avec les responsables politiques, témoignages dans les médias : l’acteur se transforme en porte-voix. Son sérieux et sa persévérance obtiennent un écho. Le vote de l’amendement marque la reconnaissance institutionnelle de ce travail de long terme.
Depuis, chaque débat sur la prise en charge des personnes handicapées mentionne ce texte. Les journalistes rappellent que derrière cette avancée, il y a un acteur français souvent décrit comme « discret mais déterminé ». Cet engagement donne une dimension supplémentaire à sa carrière : elle ne se résume plus à l’artistique, mais touche aussi le champ social et politique.
Un combat qui dépasse le star-system
Dans les rares interviews où il revient sur ce combat, Michel Creton ne met pas en avant son propre mérite. Il insiste sur les familles, les soignants, les éducateurs, ces figures du quotidien qui tiennent le système à bout de bras. Cette humilité tranche avec certaines postures plus narcissiques parfois observées chez des personnalités publiques engagées. Elle renforce la crédibilité de sa démarche : le combat ne lui sert pas à exister médiatiquement, il existait déjà bien avant.
On peut mesurer l’efficacité de cet engagement à un détail significatif : de nombreux professionnels du médico-social citent spontanément l’amendement Creton comme référence dans leur formation. Le nom de l’acteur circule donc dans des amphithéâtres, des réunions d’équipes, des colloques spécialisés. Peu de comédiens peuvent se targuer d’avoir leur patronyme inscrit dans ce type de contexte.
Sport, marathon et énergie de fond
Un autre aspect moins connu de sa vie réside dans sa passion pour la course. Michel Creton a beaucoup pratiqué la course à pied et fait partie des premiers organisateurs du Marathon de Paris. On retrouve là le même goût pour l’endurance que dans sa vie professionnelle. Courir un marathon, comme mener une carrière sur plusieurs décennies ou un combat politique, demande de la régularité, de la patience, un vrai sens du long terme.
Ce parallèle entre sport, art et engagement social donne un aperçu assez cohérent de sa personnalité. Rien de flamboyant sur le moment, mais une capacité remarquable à durer, à revenir, à tenir la ligne. Ce n’est pas le sprinteur des projecteurs éphémères, mais plutôt le coureur de fond qui traverse plusieurs époques sans perdre son cap.
- 🏃♂️ Course à pied : pratique régulière, participation à la dynamique du Marathon de Paris.
- 🧩 Amendement Creton : texte clé pour les jeunes adultes handicapés sans solution adaptée.
- 🤝 Travail avec les associations : échanges constants avec les familles et les professionnels.
- 🎤 Témoignages publics : utilisation des médias non pour briller, mais pour convaincre.
Cette dimension engagée change aussi la manière dont certains spectateurs perçoivent ses rôles. Quand on sait qu’il a porté un texte de loi sur le handicap, voir Michel Creton incarner un policier soucieux des plus fragiles ou un personnage à la morale nuancée prend une résonance supplémentaire. L’homme rejoint le personnage, les deux se nourrissent mutuellement.
Au final, la réponse à la question « que devient Michel Creton » ne se trouve pas uniquement sur les plateaux. Elle se cache aussi dans les structures médico-sociales qui appliquent chaque jour l’amendement qui porte son nom, dans les souvenirs des coureurs de marathon, et dans l’inspiration qu’il laisse à ceux qui croient encore à la force des engagements au long cours.
Michel Creton est-il toujours en vie ?
Oui, Michel Creton est toujours en vie et profite d’une retraite discrète, loin des plateaux et des projecteurs. Il n’apparaît plus dans de nouveaux films ou séries télévisées, mais son travail continue d’être diffusé et commenté, notamment à travers les rediffusions et les débats autour de l’amendement Creton.
Quels sont les rôles les plus connus de Michel Creton ?
Parmi ses rôles marquants, on retrouve l’animateur ‘bip bip’ dans Les Bronzés, le petit malfrat dans Max et les ferrailleurs, le soldat dans Un homme de trop, ainsi que le commandant Victor Franklin dans la série policière Central Nuit. Ces rôles résument bien l’amplitude de sa carrière, entre cinéma d’auteur, comédie populaire et séries télévisées.
Qu’est-ce que l’amendement Creton ?
L’amendement Creton est une disposition légale française qui permet à des jeunes adultes handicapés de rester dans leur établissement pour enfants lorsque aucune place n’est disponible dans une structure pour adultes. Porté publiquement par Michel Creton à partir de la fin des années 1980, ce texte a évité de nombreuses ruptures brutales de prise en charge.
Michel Creton a-t-il surtout travaillé au cinéma ou à la télévision ?
Sa filmographie est riche des deux côtés, mais c’est la télévision qui a ancré durablement son visage dans le quotidien du public. Il a tourné dans de nombreuses séries et téléfilms, comme Navarro ou Commissaire Moulin, avant de devenir le personnage central de Central Nuit. Au cinéma, il a enchaîné de nombreux seconds rôles solides dans des films de réalisateurs prestigieux.
Pourquoi parle-t-on de lui comme d’un acteur discret ?
On le qualifie de discret parce qu’il a toujours privilégié le travail à la lumière médiatique. Peu friand de scandales et de promotions tapageuses, Michel Creton a construit sa carrière sur la durée, dans le respect des équipes, des partenaires de jeu et des causes qu’il défend, plutôt que sur la recherche de la célébrité à tout prix.



